Le brasier
- Caroline Brousseau

- il y a 2 jours
- 2 min de lecture
Je vous raconte,
Ma nouvelle toile "Le brasier", que j'aime de tout mon cœur., est apparue toute seule. Comme toutes les autres, vous me direz...En effet. Cela fait partie de mon processus créatif. Laissez-moi vous raconter son histoire.

J'entre dans mon atelier, j'ouvre les lumières et je touche mes toiles installées sur les chevalets. Certaines sont blanches, d'autres texturées et d'autres revêtent une couleur prometteuse...Chacune attend son tour, Dieu sait qu'elles auront leur tour. Je ne sais pas quand, rien n'est planifié. J'ai une toile de dimension moyenne que j'ai peint en beige orangé il y a 2 ou 3 jours. Elle attend. Sagement. Je la regarde, la touche. Je le sens, ce sera elle. Mon corps vibre à une autre fréquence quand j'entre ici, ce n'est pas ésotérique c'est créatif, spirituel.
Je mets une musique qui me permet de ne pas trop écouter les paroles, une musique qui vibre sur la même fréquence que moi. J'ajuste mon chevalet, j’y place la fameuse toile beige-orangée. Elle patiente. Elle a l'air de rien, l'air de tout à la fois. Pendant une fraction de seconde, je ressens la peur au creux de mon ventre. « Et si je ne savais pas quoi peindre dessus? » Quelques secondes s’écoulent; le sentiment est déjà passé. Je le savais, je connais ce processus. Quelque chose de plus fort me rassure et j'entends dans mon for intérieur: " Fais confiance". Alors je m'abandonne. Je dispose une dizaine de couleurs, des pinceaux, mon encre, ma plume pour écrire. Mon crayon aussi, j'avoue, et bien sur un cahier à feuilles lignées. Quand les portes de mon esprit et de mon âme s'ouvrent, l'inspiration entre par toutes les pores. Je suis prête, je ne suis pas pressée.
C'est là que je n'existe plus complètement dans le corps réel de l'ici et maintenant. En même temps je ne pourrais pas être plus là où je suis. Je suis déconnectée de ce qui se passe dans la vie terrestre et libéré du quotidien. Je vibre avec cet instant qui n'appartient qu'à moi. Le temps file, mais je ne le vois pas. Je n'y pense plus, il n'existe pas.
Des visages se dessinent à la plume, des racines se mélangent doucement. Et puis...Ces mots... "Le brasier", ensuite le texte. « Est-ce qu'il y a des rimes? », « est-ce que c'est beau? », je n'y pense même pas. Ce n'est pas ça qui importe ici. Ces mots, cette œuvre devait exister. Ainsi soit-il. J’ai les larmes aux yeux, prise dans l’émotion la plus sincère qui soit.
Je réalise en relisant ce texte, qu’il parle d'une facette de moi, de nous. Je réalise à quel point nous pouvons être victime ou créateur grâce à nos pensées. Je suis touchée. La toile s'achève. Nous nous observons. Un lien invisible et inexplicable s'est tissé entre nous et à tout jamais elle sera une partie de moi. Advienne que pourra de toi pour la suite. Je devais te créer et c'est fait. Je suis apaisée. J'espère que " Le brasier" ornera le mur de quelqu'un qui la cherchait sans savoir, qui en avait besoin.
J'abandonne mes pinceaux dans l'eau. J'éteins la musique. Je souris. Je referme la porte derrière moi.
À bientôt,
Caroline Brousseau auteure



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